Ici ou là-bas ?

Je reviens tout juste de chez moi.

J’ai marché pieds nus dans la montagne où je suis né.

J’ai revu des gens que je n’avais pas vus depuis plus de dix ans.

J’ai ressenti des émotions contradictoires. Je ne savais plus si j’étais heureux ou triste, découragé ou envieux.

J’ai reçu des câlins comme je n’en avais pas reçus depuis longtemps.

Tout le monde voulait me préparer à manger, m’accueillir chez lui, me prêter son lit et dormir par terre à ma place.

Les gens étaient heureux de me voir, heureux de m’offrir tout ce qu’ils ont… même quand ils n’ont presque rien.

J’ai vu des enfants jouer aux mêmes jeux que ceux auxquels je jouais à leur âge.

Tout était presque comme lorsque je suis parti de Holguín, il y a 28 ans… peut-être même pire, car le temps a laissé ses traces.

Plusieurs choses sont mortes dans mon village :

la maison de mes grands-parents est tombée, disparue avec les années.

L’usine où travaillaient les villageois est fermée.

L’école secondaire n’a plus de portes ni de fenêtres.

Certaines maisons sont en construction depuis des années… comme si le temps s’y était arrêté.

Des gens sont partis. D’autres sont décédés.

Mais partout où l’on passe, il existe un immense courant d’amour… et de pauvreté.

J’ai rencontré des personnes qui parlent avec fierté de la révolution, et d’autres qui la critiquent ouvertement.

Des gens qui rêvent de quitter le pays pour changer de vie.

D’autres qui chantent haut et fort leur amour pour la patrie.

J’ai rencontré des personnes beaucoup plus calmes, plus enracinées que moi depuis mon immigration.

Cela m’a donné l’impression étrange que, parfois, la pauvreté peut sembler rendre plus heureux que la richesse… même lorsque l’espoir de voir les choses changer s’est presque éteint.

Là-bas, tout le monde rit… même si plusieurs n’ont plus de dents.

Mais il y en a aussi qui boivent trop, parce qu’il est parfois plus facile de regarder la réalité sans être complètement sobre.

Et me voilà revenu ici.

Partagé. Divisé.

Encore une fois en plein questionnement existentiel…

Je n’arrive jamais vraiment à décider ce qui est mieux :ici… ou là-bas.

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